Elections Européennes
Quel mode de scrutin ?
Le non Irlandais est-il du au mode de scrutin ?
Fidèle à la devise européenne , « Unis dans la diversité », je suis convaincu qu’au sen de l’Union, chaque Etat membre doit choisir son propre mode de scrutin.
Quel mode de scrutin pour nous dans l’Ile de France, à Paris, dans le 14ème ? Les uns préfèrent le scrutin à la proportionnelle, mode de scrutin actuel pour les Européennes, les autres préfèrent le scrutin majoritaire.
Le scrutin majoritaire a l’avantage que chaque circonscription choisit un élu. Notre circonscription européenne est celle d’Ile de France qui au dernier scrutin comptait 14 élus. Elle devrait être divisé en 14 circonscriptions, dont 2 ou 3 pour Paris. Nous voterions donc pour notre élu pour Paris sud. Les défenseurs de ce mode de scrutin pensent que les citoyens vivant dans cette circonscription seraient plus proches de leur élu et que de cette manière il aurait des comptes à rendre.
Ce mode de scrutin est celui de l’Assemblée Nationale. Sommes nous plus proches de nos élus ? Notre arrondissement est à cheval entre 2 circonscriptions, la 10ème et la 11ème. Moi je vote dans la 10ème. En 2002 j’ai voté PS comme toujours, et je me souviens qu’avant de poser mon bulletin de vote, je m’étais arrêté devant les panneaux électoraux et regardé la photo de Blisko, son aspect est tout ce que je savais de lui. Je ne le sentais pas proche du tout. Depuis j’ai adhéré et pour 2007 je savais pour qui je votais : suis-je plus proche de lui ? J’ai fait la campagne dans la 11ème circonscription, mais je ne me sens pas plus proche d’Yves Cochet pour autant, si ce n’est que le croisant dans la rue je peux parler avec lui.
Le scrutin à la proportionnelle à l’avantage de permettre aux petites formations d’avoir une représentation . N’étant pas le système à l’Assemblée Nationale, l’opposition est peu représenté. Puisque c’est le système en vigueur aux Européennes, les souverainistes sont suffisamment représentés pour se faire entendre. De ce fait nous ne pouvons pas conclure que le désamour pour l’Europe vienne du système de scrutin. Le désavantage de ce système est qu’une majorité suffisante peut ne pas se dégager rendant l’assemblée inopérante. Le problème n’a pas l’air de se poser au Parlement européen, peut-être en raison de la culture européenne de négociation.
Le scrutin proportionnel pondéré est une option intéressante pour avoir des majorités suffisantes pour les rendre gouvernables et la représentation des minorités. C’est le système appliqué aux municipales en France et qui serait celui des défenseurs d’une France moins présidentielle et plus parlementaire. (Ségolène, Montbourg etc.)
Le SVUT, système de vote unique transférable est celui appliqué en Irlande et quelque peu de pays. Il est ironique, car c’est l’opposé au référendum qui nous refuse de pouvoir avancer. Tous les candidats d’une circonscriptions sont sur un même bulletin avec une case à côté. L’électeur les classe par ordre et sont élus les plus populaires. L’avantage est que c’est très représentatif, mais c’est long à dépouiller – l’ordinateur aide – et ça peut aller à l’encontre de la discipline de parti et créer la surenchère à l’intérieur des formations, car tel élu risque de faire campagne contre ses coreligionnaires.
Le non irlandais, le désamour pour l’Europe, est-il dû au mode de scrutin ? Je ne le pense pas, bien que les citoyens européens ne se sentent pas représentés.
Mais, est-ce que les européens se sentent citoyens européens ? Pourtant depuis 1992 avec le traité de Maastricht tout citoyen d’un État membre est citoyen de l’Union.
Le Traité de Lisbonne à été signé par les chefs d’Etat ou de Gouvernement des 27, dont l’Irlandais. L’ironie est que tant le TCE que le Traité de Lisbonne tendent à rendre la UE plus démocratique et plus représentative, en donnant plus de pouvoirs au Parlement et en démocratisant très légèrement la Commission et le Conseil.
Nous devons, quel que soit le mode de scrutin, rapprocher les citoyens des élus et vice versa. Une chose est souhaitable, que les élus se rapprochent du peuple et qu’il y ait des comptes rendus.