Ancêtre du PSE, la confédération eut comme premier président l’Allemand Wilhelm Dröscher. La France y a un statut de poids lourd. Dès sa fondation, la confédération travaille à l’élaboration d’un programme commun qui servit de base aux engagements des socialistes européens pour les élections de 1979. C’est Michel Rocard qui est chargé d’en rédiger la partie consacrée à la politique économique. En 1978, Robert Pontillon devient président de la CPSCE.
En mai 1979, Paris accueille le Printemps des socialistes européens qui rassemblent deux cents candidats et vingt mille personnes. François Mitterrand et Willy Brandt militent à ce moment pour un parti capable de transcender les clivages partis nationaux, avec un vrai pouvoir d’impulsion. L’année suivante, le mot d’ordre pour le travail des socialistes, c’est "les socialistes contre la droite", pour lutter contre les partis qui recyclent les survivants des dictatures qui viennent de s’effondrer en Grèce, au Portugal ou en Espagne et contre la montée des droites dures en France, en Allemagne, dans les pays scandinaves ou en Grande-Bretagne.
Au début des années 80, les socialistes européens luttent contre le thatchérisme qui se pratique en Grande-Bretagne et qui influence quelques autres pays. Mais plus le temps passe et plus l’inadaptation d’une structure qui n’est qu’un cadre de coordination se fait sentir. La victoire de la gauche aux élections européennes fit du groupe socialiste, le premier groupe au Parlement européen.
En 1989-1990, l’Histoire s’accélère et les socialistes entendent être à la hauteur des événements. La chute du Mur de Berlin, la réunification de l’Allemagne, la désagrégation du bloc soviétique, qui entraîne la disparition des régimes staliniens en Europe centrale et orientale conduisent la social-démocratie à penser plus loin. Le renforcement d’une Europe qui n’est encore qu’économique devient prioritaire.
1992-1997 : Du Parti des socialistes européens au Parti socialiste européen
Dénomination du PSE dans les langues européennes
Allemand Sozialdemokratische Partei Europas (SPE)
Anglais The Party of European Socialists (PES)
Bulgare Партия на Европейските Социалисти (ПЕС)
Danois De Europæiske Socialdemokraters Parti (ESP)
Espagnol Partido Socialista Europeo (PSE)
Estonien Euroopa Sotsialistlik Partei (ESP)
Finnois Euroopan sosialidemokraattinen puolue (ESP)
Français Parti Socialiste Européen (PSE)
Grec Ευρωπαϊκό Σοσιαλιστικό Κόμμα (EΣK)
Hongrois Európai Szocialisták Pártja (ESzP)
Italien Partito Socialista Europeo (PSE)
Letton Eiropas Sociāldemokrātiskā partija (ESP)
Lituanien Europos socialistų partija (ESP)
Luxembourgeois Europäesch sozialistesch partei (ESP)
Maltais Il-Partit tas-Socjalisti Ewropej (PSE)
Néerlandais Partij van Europese Sociaal-democraten (PES)
Polonais Partia Europejskich Socjalistów (PES)
Portugais Partido Socialista Europeu (PSE)
Slovaque Strana európskych socialistov (SEP)
Slovène Stranke evropskih socialdemokratov (SEP)
Suédois Europeiska Socialisters Parti (ESP)
Tchèque Evropských sociálních demokratů (ESD)
En 1992, la signature du traité de Maastricht fait entrer l’Europe politique dans une nouvelle phase qui rend indispensable la transformation de la CPSCE. Le nouveau traité prévoit la constitution de partis européens pour les élections. Le congrès des 9 et 10 novembre de la même année, qui se tient à La Haye, donne naissance, après neuf mois de négociations au Parti des socialistes européens. Le nouveau parti accueille en plus des membres de l’ancienne confédération, les partis suédois, finlandais et le PDS italien. Le premier président du PSE est le Belge Willy Claes. Le nouveau parti adopte la parité dans ses instances et les partis observateurs y ont plus de droits.
Les élections européennes de 1994 confirmèrent la place du PSE comme premier parti au Parlement européen. Claes quitte bientôt la présidence du PSE, laissant la place à l’Allemand Rudolf Scharping en 1995. Puis le britannique Robin Cook a succédé à Rudolf Scharping en 2001 à la tête du PSE qui est désormais dénommé Parti socialiste européen.
Les buts que le PSE s’est fixés sont :
Le renforcement du mouvement socialiste et social-démocrate dans l’Union européenne et dans le reste de l’Europe.
Le développement d’étroites relations entre les partis nationaux membres, leurs groupes parlementaires, le groupe PSE au Parlement européen et le PSE lui-même.
L'élaboration de politiques communes pour l’Union européenne et, enfin, l’adoption d’un manifeste commun lors des élections au Parlement européen.
1997-2005 : Conflits et perspectives.
Les socialistes européens sont pourtant plus que jamais divisés depuis la fin des années 90. Le débat structurant sur l'orientation de la social-démocratie européenne se cristallise rapidement sur les personnalités de Tony Blair et de Lionel Jospin. L'un défend avec Gerhard Schröder l'ouverture vers une “troisième voie-un nouveau centre” (The third way, Der Neue Mittel) et l'autre lutte pour le maintien de la ligne classique, celle qui défend un rôle de l'État et des services publics et le concept de l'Europe politique et sociale. La division est apparue en plein jour à l'occasion des élections européennes 1999, quand malgré l'adoption d'un programme commun du PSE, les leaders anglais et allemand ont publié quelques semaines avant le scrutin un programme prônant un "Nouveau centre". Tandis que les socialistes français séduisent les partis du sud, ainsi que les socialistes belges, grecs ou italiens, le Labour et le SPD trouvent des émules du côté des nouvelles formations socialistes issues de l'ex-bloc communiste.
Lors du congrès de Bruxelles de 2004, pour la première fois, il y eut deux candidats. Le danois Poul Nyrup Rasmussen est le candidat tacite des Français qui souhaitent un véritable parti européen qui soit l'avant-garde d'une plus grande intégration européenne. L'italien Giuliano Amato est le candidat “officiel” soutenu par le président sortant Robin Cook et les principales formations comme le Labour ou le SPD. Poul Nyrup Rasmussen est finalement élu avec quelques voix d'avance.
Le PSE compte aujourd’hui 32 partis membres (le parti slovaque SMER étant suspendu) des 27 pays de l'Union européenne, ainsi que de Norvège. S'y ajoutent 6 partis associés et 7 partis observateurs. Malgré la reprise récente du leadership par Tony Blair sur la social-démocratie européenne, celle-ci semble encore divisée sur les stratégies à suivre vers la construction européenne. Unis dans la défense du “oui” au traité constitutionnel européen, la victoire du “non” en France et aux Pays-Bas a renforcé les courants euro-sceptiques ou plus à gauche. Le fossé entre les tenants d'un "socialisme au centre", qui accepte et accompagne le libéralisme économique (social-libéralisme), et les tenants d'un socialisme à gauche, qui maintient sa volonté de dépasser le capitalisme ne cesse de s'élargir. En Allemagne, un des leaders historiques du SPD Oskar Lafontaine a ainsi quitté son parti pour tenter un rassembler à gauche entre le WASG et le PDS néo-communiste.