vendredi 30 janvier 2004

Atelier citoyen à La Bellevilloise 16/05/08

J’avais reçu l’invitation il y a quelque temps, et je me suis empressé de l’agender. En cette période de pré-congrès il y a beaucoup de réunions, parfois il faut choisir. Mais cette réunion n’était pas à râter, Ségolène y serait ! Il s’agissait d’un Atelier Citoyen sur les questions 1 et 10 de Ségolène, mais la présence de notre leader laissait penser qu’il y aurait quelque chose en plus.

Je travaillais jusqu’à 18 :30 à La Sorbonne, 1:30 pour arriver à La Bellevilloise c’était large. Le site de la RATP m’indiquait 45 min de trajet, j’avais de la marge. Je faisais passer un contrôle terminale, il y a toujours un étudiant qui n’a pas tout à fait fini, faudra tenir compte du retard que cela entrainerait. Et puis les embouteillages… bref, 20 :00 pile j’arrive.

Pendant le trajet je pensais aux 10 questions qui s’inseraient dans le cadre de « Pour un Congrès utile et serein » Qui dit Congrès dit contributions, motions vote, Premier Secrétaire. Courrants ? Ça non ! Jamais ! Victimes des courants que nous sommes nous ne formerons jamais un courrant, car les courrants s’ils ont de bon qu’ils reflètent parfois des idées, ils finissent par devenir des questions de personnes. Donc nous venons entendre Ségolène le dire ! Tous derrière Ségolène. Va t-elle le dire?

Moi qui suis un homme des plaines, j’ai du mal à la montagne, mais je finis par gravir les pentes et quelque visages connus dans un nuage de fumé m’indiquent que je suis arrivé au bon endroit. Vraiement ? Est-ce un funérarium ? On le dirait avec ces drapés noirs qui flanquent les marches.
La salle est presque pleine. Je trouve une place et je m’installe. Passent les 15 minutes parisiennes, j’attends, nous attendons. Des visages connus, les inconditionnels. Je ne peux pas dire qu’il y avait une bonne ambiance, une ambiance festive, mais je ne dis pas le contraire non plus. Peut-être c’était cette montée noire qui jouait, peut être la réunion n’était pas faite pour être festive : c’était un atelier citoyen.

Les quelques chaises libres qui restaient vont être vite occupées, les uns restent debout, les autres s’installent comme ils peuvent et ils ont l’air de passer un bon moment. Ils n’ont pas tort, ce sera un long moment. Les 15 minutes deviennent 30, les 30 deviennent 45 et nous attendons toujours. Je sentais l’attente, je voulais l’enregistrer. Mais en faite, mon appareil photo à une fonction qui permet d’indiquer la date et l’heure de la prise du cliché.
Pas de chance, je n’ai pas change d’heure entre heure d’été et heure d’hiver; j’avance d’une heure. Là où mon appareil dit 21:50 il n'est que 20:50! Christine est perplexe. Serait-ce l'attente? Pourquoi est-ce qu’au Parti socialiste il faut toujours attendre? « Les 15 minutes parisiens » sont le retard habituel des réunions parisiennes. Que ça soit en réunion de section, réunions fédérales, on attend toujours. Ségolène parle de respect envers les militants.

La ponctualité n’est-elle pas une forme de respect? Fatou es contente. Elle en a de quoi, elle a travaillé dans l’organistion de cette réunion, il y a beaucoup de monde. Si ce n’était pas pour le retard de Ségolène l’organisation aurait été un succes total. Nous étions à la Bellevilloise, un lieu qui a réuni maintes fois les socialistes. C’est là que nous avions fêté la victoire de Ségolène dans la première primaire du PS, quand elle a été investi en tant que candidate du PS. C’était un beau moment et il y avait du monde! Nous nous sommes réunis souvent dans le 20°. C'est un beau ensemble, dommage que cette fois-ci on nous a fait entrer par un endroit un peu sinistre.

Nous attendons toujours. Des bruits courrent dans la salle, ce seraient les embouteillages qui retardent Ségolène. Est-ce de ça que Thomas Piketty parle avec Dominique ? Ou serait-il en train d’expliquer la necessité de refonte des régimes de retraite ? En tout cas, cela fait passer le temps. Le temps passe, on ne peut pas l’arrêter, même si ça paraît long. D’ailleurs on ne veut pas que le temps s’arrête, l’attente paraît interminable. Je pense que ça doit être très désagréable d’être là, de chercher quoi dire pour faire patienter les invités. Parfois je me demande si on ne fait pas exprès de nous faire attendre, histoire de créer du suspens. Prequ’une heure, mais personne n’est parti.

Et Dominique se lève, elle prend le micro. Il est 20 :57h. Elle nous dit que Ségolène est pris dans les embouteillages mais qu’elle ne tardera pas à arriver. Il faut avoir la foi, elle arrive… Bon, l’heure du commencement de l’atelier était 20 :00, il n’est pas encore 21:00, mais quand même ! Je dois avouer que je me disais qu'il faudrait attendre encore un quart d'heure, peut-être même plus. Peut être que Dominique n'était pas intervenue tout simplement pour nous faire patienter, pour combler le temps d'attente.

Dans la minute même que Dominique faisait son annonce, un grand chahut, le chahut d'habitude, et voilà que Ségolène est là. Au moins le chahut était là, et, comme les autres je me suis levé pour voir. J'aurais pu marquer par une flèche là sur la photo ou est Ségolène mais je vous laisse chercher. (Un double click sur la photo et elle apparaît plus grande).

Il est temps de cesser d'être grognon, Ségolène nous présente ses excuses, elle arrivait de sa région. En tout cas, il n'y a pas que nous autres sud-américains qui sommes en retard. Maintenant, au travail. David prend la parole. L’atelier à été organisé par le Pacte Rénovateur que Dominique Bertinotti (Maire réélue du 4ème arrondissement) et David Assouline (Sénateur et Conseiller de Paris réélu – Oh le cumul) ont crée et qui co-président. Il s’agissait de présenter la synthèse des contributions aux questions N° 1, N°8 et N° 10 de Ségolène.



Hélène présente la Q N°1 : « Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon? » question dont elle est une des deux personnes qui se sont chargés de recueillir les contributions et faire la synthèse. Elle fait un bon travail, elle respecte le temps de parole.Je ne vous transcrit pas ses conclusions puisqu’on trouve la synthèse complète à l'adresse suivante: http://congresutileetserein.com/files/
SYNTHESE1.pdf



Puis Thomas Piketti, en tant qu’expert nous dit que le problème avec les retraites est que personne ne comprend rien à force d’empilements ; qu’il faudrait mettre le tout à plat. Que l’on parle toujours de coût sans jamais parler d’autre chose. Le lien y est, mais comme tout en économie, il n’est pas clair.
Thomas Piketty est un jeune économiste qui à contribué à mettre l’École d’économie de Paris dans les premiers rangs des écoles du monde. Il est parmi les experts de renom qui entourent Ségolène.Faire rayonner Paris face à des écoles de renom comme la London School of Economics n’est pas une mince affaire. Et dire qu’on critiquait de l’intérieur du PS Ségolène pendant la campagne présidentielle sur ses soi disant faiblaisses en économie!

L’expertise citoyenne prend la parole par la suite et nous pouvons voir Lucile interroger quand à la Sécurité Sociale Professionnelle. Je n’ai rien compris, et en rentrant, dans le Métro je demande à Lucile ce qu’est la Sécurité Sociale Professionnelle et elle m'avoue qu’elle ne comprenait rien non plus. On parle, on l’inscrit dans nos programmes, mais on ne le définit pas. Là aussi il y a beaucoup à mettre à plat.

Ségolène et David comprennent-ils? Une dame nous dit qu’elle ne se voyait pas travailler jusqu’à l’âge de 60, 62 ou je ne sais pas combien. Je me suis demandé ce qu’elle comptait faire les 30 ou 40 années suivantes. Puis Thomas Piketti, en tant qu’expert prend la parole pour conclure les interventions sur la Q1 on nous disant que le problème avec les retraites est que personne

ne comprend rien à force d’empilements ; qu’il faudrait mettre le tout à plat. Je répète la même chose ? Je remets la même photo? ou était-ce Thomas qui s’est répété. Il a ajouté que le problème du déficit n’était pas majeur, que ce n’était qu’un pourcentage infime du montant payé en allocations vieillesse chaque année. Dommage qu’il ne soit pas allé plus loin. On vit de plus en plus longtemps, ce qui est une bonne chose. On peut rester actif également plus longtemps, mais on nous met en pré-retraite dans la cinquantaine. Le séniors sont trop chers quand ils travaillent et trop chers quand ils sont à la retraite !




La deuxième question était la question N° 8 : « Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ? », mais j’ai du être distrait car je n’ai rien retenu. Ou est-ce que la question n’a pas été traité ? Voici le lien: http://congresutileetserein.com/
files/SYNTHESE8.pdf


Puis c’était le tour de Pascal Lombardo de présenter la Q 10 : « Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? » Il a fait une bonne synthèse, dans laquelle on sent très nettement la volonté des militants d’en finir avec ceraines pratiques politiques, dont le cumul des mandats. Je vous laisse le lire à l'adresse suivante: http://congresutileetserein.com/
files/SYNTHESE10.pdf


Et pour finir, le plat de résistance avec l’intervention de Ségolène qui nous dit qu’elle fera avec notre travail une motion, puis une contribution, non, non, camarade, tu t’es trompé, c’est l’inverse et nous avons tous ri. Et c’est devenu officiel (l’ordre –juste ?- remis), contribution, motion et Ségolène briguera le poste de Premier Secrétaire du PS. O surprise!
Le discours à été bien relayé par les médias, je n'ai pas besoin d'ajouter. Il y a aussi que ça fait longtemps que je n'entendais pas Ségolène, et je ne pourrais pas être objectif.



Pourtant, nous savons que le chemin du Congrès est incontournable. Ceux parmi nous qui avons soutenu et qui continuons à soutenir Ségolène et qui avons cherché à nous rendre utiles dans les municipalités, nous avons vu notre chemin barré puisque Ségolène «n’avait pas sa motion au dernier congrès ». Notre existence est bien réelle, même si nous sommes nombreux à ne valoir pas plus de 20€.

Ségolène à sa place dans le paysage politique français, mais elle n’a pas de place dans le PS. Sentir que nous autres militants, profondément socialistes, nous ne sommes pas reconnus est fort désagréable. Faut-il pour autant nous transformer en courant ? Nous, justement nous, les victimes des courants ? Un courant peut être très bien, si nous entendons par cela un courant d’idées, une manière de faire la politique autrement.

Si pour nous Ségolène incarne cette autre manière de faire de la politique, c’est clair que nous nous rangeons derrière elle. Alors, tombons nous dans le logique des courants en nous rangeant derrière une personnalité? L’énorme majorité des socialistes partage fondamentalement les mêmes idées:


. Nous voulons la justice sociale.
. Nous voulons réduire les inégalités.
. Nous voulons que le travail soit justement récompensé.
. Nous voulons la prospérité pour tous.
. Nous soutenons les entreprises comme source de richesse.
. Nous voulons une juste répartition entre le revenu du travail et celui du capital.
. Nous savons que c’est au sein de l’Europe que notre futur doit s’inscrire.
. Nous croyons au marché tant qu’il soit régulé par l’Etat.
. Nous sommes profondément démocrates.
. Nous voulons la tolérance pour autrui.
. Nous voulons un Etat dynamique et protecteur.
et nous pouvons continuer. Seule une petite minorité, bruyante qui sait encombrer rêve encore d’un pays fait de fonctionnaires, d’un Etat qui s’opposerait à l’entreprise privée. 

D’une manière générale, les militants coïncident à vouloir des élus qui soient proches de la population, qui rendent des comptes, qui ne cumulent pas, qui soient respectueux de l’électorat, bref, nous demandons à Ségolène d’être exemplaire et à veiller à ce que les élus le soient aussi.

Si tant soit peu il n’y a pas de surenchère démagogique, nous aurons de bonnes motions qui seront toutes plus ou moins de la même tendance. Mais pour gouverner il faut se faire élire, et pour se faire élire, il faut être aimé du peuple, et Ségolène l’est.


J’ai oublié de parler de la tenue de Ségolène. En fait, elle était habillé comment ?

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