Samedi soir; le soir de la semaine où on profite pour s'amuser,
normalement . Oui, normalement on ne travaille pas le dimanche, peut
être en période électorale on peut aller tracter sur un marché; c'est
sympa, on retrouve les gens, on finit avec les camarades au café: il
ne faut pas se réveiller trop tôt, le rendez vous est généralement à
10:30, le mien 10:55!
La journée avait été chargée, plusieurs points chauds: il a fallu
faire des choix. Points de tractage, bourse à vélo, marches
militantes, même Ségolène soutenant George Paul Angévin et Patric
Bloch. Puis quelques bricoles ci et là, et nous nous décidâmes pour
rentrer, nous retrouver au lit, pouvoir nous reposer, dormir un peu
plus tard... un dernier coup d'oeil sur les mails. Catastrophe! Jean-
Marc avait prévu un collage Dimanche matin, on avait oublié. Mais le
quartier était bon, on était partout, on ne voyait pas ni Guedj ni De
Sernez, surtout pas l'autre là de Dupont Aignan. Et si en rentrant on
faisait un petit tour, faire un état des lieux? Jean-Marc nous parle
de réactivité, dès que les autres collent on se mobilise; la
réactivité peut marcher dans l'autre sens aussi, pourquoi pas, si les
autres n'ont pas collé, on ne reste pas au lit!
La zone la plus attaqué, nous prenons la rue Didot, un peu d'Alésia,
Plantes, Brune jusqu'à Raymond Losserand, Alésia, tout paraissait
bon. Pendant la journée la LCR nous a collé un peu, mais, c'est dans
les règles, nous occupons presque tout le terrain. Le marché
Villemain (le candidat et le maire allaient passer Dimanche), le mur
du grand magasin, nos affiches en hauteur sont bien là, un peu
arraché en bas, mais ça va. Le carrefour d'Alésia, tout arraché. Nous
arrachons une affiche ci et là et nous rentrons. 23:30, c'est trop
tard pour prévenir Jean-Marc que tout le monde pouvait rester au lit.
Je n'étais pas sur qui venait histoire de les prévenir et qu'ils
puissent se reposer.
Hélène dormait si bien! Au moins elle pourra profiter. Si je fais
vite, j'aurai le temps de refaire le parcours avant 8h l'heure du RV.
J'enfile ma combinaison, et je pars. Je peux prendre ma douche et mon
petit déjeuner en rentrant. Quelques De Sernez rue d'Alésia, sur les
pots de plantes, rien au carrefour, rien rue de Plantes, Didot Ok,
jamais rien à Vencingétorix, et, rue Raymond Losserand, la voilà,
s'agitant sous son T shirt rose, elle collait Guedj. Je m'arrête, un
homme et une femme, d'un âge certain, aucun des petits jeunes qui
entourent la prétentieuse candidate. Je rentre au local, Mohammed
était déjà là, tirant des tracts. Je lui dit que ça ira vite, on
passera derrière eux, il était content car il voulait se libérer vers
9:30h pour se changer, et partir vers le marché. Ce n'était pas
encore l'heure du RV, je pars voir ce que ça donnait Place de
Catalogne. Rue de l'Ouest et rue Niepce il y a Guedj, nous ne pouvons
pas laisser ça à côté de la permanence d'Yves Cochet. J'arrache ce
que je peux, il faudra recouvrir ceux qui sont trop haut.
Odile, Blanchérie et Théo terminaient de charger leur voiture quand
j'arrive. Je charge la notre, le temps que Mohammed termine avec ses
tirages. Pas la peine de réveiller Hélène, ça ira vite! Nous n'étions
pas loin du local, Marché Villemein, Pascal qui était arrivé en
retard. Je passe au local le temps que Mohammed recouvre ce que Guedj
avait collé, nous n'avions pas de place dans ma voiture, je ne savais pas
où était Odile, le temps qu'Hélène arrive il décide de partir avec un
caddie. Je lui dis qu'il y avait ces quelques Guedj rue de l'Ouest.
Pascal me dit que rue Didot, là où Capucine prend son bus, il y avait
de Sernez!
Partout où nous arrivions, Guedj venait de passer. Nous terminons le
Marché Villemein, le mur à côté de la grande surface, rue d'Alésia
collé par Guedj très haut, il fallait la rallonge. Et puis,
toujours cette VW Golf garé, nous empêchant de travailler à l'aise.
Je fais une petite escapade au Carrefour d'Alésia pour voir, toujours
rien. Nous continuons. Il y avait du Guedj, sinon c'était De Sernez.
Christian passe avec sa femme, ils nous encouragent. Mohammed battait
de son plein, pensant à l'amertume des Guedj quand ils s'apercevrait
que nous les avions recouvert. Place Flora Tristran nous arrachons
simplement les bacs à plantes, l'heure d'arrêter arrivait pour
Mohammed, nous allons coller sur le Franprix plus loin. Je dépose
Mohammed place de la Mairie, content du travail que nous avions fait,
et lui dis que plutôt que de prendre la rue des Plantes pour aller au
local, je voulais jeter un coup d'oeil au Carrefour d'Alésia, mon
obsession. Rien, tout arraché. Encore un petit tour avant d'arrêter?
Rue des Plantes vers le sud, je retrouve Odile et Théo. C'était leur
dernier point, eux aussi avaient leur tractage à faire. Une voiture
s'arrête: "Vous pouvez nous donner une affiche?" C'est un moment
agréable, on se sent encouragés. Pendant la présidentielle, je me
souviens du cuisinier, Av. du Général Leclerc qui est sortie une nuit
nous demander une affiche de Ségolène. Je les reconnaît tout juste,
et leur demande un Guedj. "Allez, collez, nous passons derrière
vous!" elle me dit. "Peut-être ce sera nous les derniers", dis-je. Ça
faisait 3 heures que nous nous suivions. Je décide de faire le tour
par Didot avant de rentrer.
Recollés! J'arrache ce qui est à hauteur de main, je recolle plus
haut. L'heure tournait. Peu avant les panneaux il y a un autre grand
mur, encore elle. Je me résigne, je détruis autant que ma taille me
permet, car, si je recolle tout simplement, et ils arrivent avant que
ça sèche, leur affiche réapparaît. Au moins une trentaine d'affiches!
Je prends mon malheur calmement, décollant, recollant. Un groupe de
jeunes touristes venant d'autres arrondissements, portant leur T
shirt rose passent, quelques panneaux à la main. Ils ne peuvent pas
croire leurs yeux, 10:45, là tout seul je suis en train de faire
disparaître leur héroïne. Des voisins, pas contents, un autre groupe
de touristes en T-shirt rose: "Collez, collez, nous reviendrons vous
décoller". Mon moral n'est pas le meilleur, le portable sonne,
Christian qui me prévient que nous avons étés recollés plus au nord!
Le mur à côté de la grande surface, rue d'Alésia encore recollé par
Guedj! Très haut, mais pas assez pour cacher quelques restes de
Ségolène, et le bas, une rangée complète du Modem! Et puis, toujours
cette VW Golf garé, empêchant de travailler à l'aise. Je réussis à
arracher plusieurs couches à la fois, jusqu'au mur nu, tout part d'un
trait! C'est un plaisir énorme! Recouvrir là haut, leurs afficher
tous à travers, leur travail mal fait. Il faut que je pense a
demander à Jean-Marc si nous ne pouvions leur faire une formation.
Qu'est qu'ils collent mal! Capucine passe à ce moment, me remonte le
moral. Patiemment je continue avec la brosse. Philippe voit l'affiche
de Guedj dans ma voiture, me charrie un peu me demandant pour qui je
travaillais. C'est sur ce mur que je l'ai collé, à l'envers, la tête
en bas. Si vous le voyez, dites moi quelle impression ça vous fait.
Je laisse la voiture là et je vais voir à côté de la Shell, tout est
bien. Je remarque que tout est bien au marché également, Cochet est
là, Castagnou aussi, beaucoup de camarades, le moral revient. Je
parle avec Bruno, de la LCR, nous restons d'accord à ne pas nous
faire la guerre, il m'explique que si on couvre trop, il prend un
petit coin. C'était lui qui avait collé, dans l'après midi de Samedi.
Je retourne récupérer la voiture, tous les affiches d'en bas abîmés!
Je termine la colle et les affiches que j'avais, je rentre au local,
de la colle s'était renversée, je nettoie, je retrouve Hélène
Carrefour d'Alésia. Elle était partie chercher un cadeau pour sa
mère, et dès qu'elle avait quitté la maison elle s'est retrouvé face
à des affiches du Modem. Elle arrache pas mal, souvent face à
l'opposition des passants, d'après ce qu'elle me raconte. Quand je
vais la rejoindre, elle était au Marché d'Alésia, avec un homme qui
lui barrait le chemin pour l'empêcher d'arracher la dernière affiche
sur les bacs à plantes. En plus, elle me dit que le poissonnier
s'opposait à son travail. Vous le savez maintenant, son poisson ne
peut pas être frais s'il soutien le Modem au lieu de ceux qui, comme
Yves, soutiennent tout ce qui soit vert, frais, sain, écologique etc.
Je lui dis que j'arrive, et elle me répond de laisser tomber,
d'éviter une dispute: et moi qui m'imaginais dans une dispute comme
dans le village d'Astérix, nous jetant des poissons à la figure!
Je retrouve Hélène au carrefour qui bien sur ne veut pas me dire
lequel était l'affiche irréductible. A ce moment Jean-Marc m'appelle
pour prendre des nouvelles, je me garde de lui dire que je planifiais
aller chez le poissonnier; il n'aime pas devoir venir nous récupérer
au poste. Hélène va faire sa course. J'ai beau raconter avec luxe de
détail l'endroit ou chaque affiche a té collé, avec la hauteur
précise etc. etc., je ne réussis à le garder au téléphone plus
longtemps, et je me trouve assis dans ma voiture, sans savoir quoi
faire, avec une spatule que je ne sais pas ce qu'elle faisait dans ma
main. Et si j'allais acheter un bon poisson pour le déjeuner? Ca
pourrait faire plaisir à Hélène. Je range la spatule dans la poche
arrière de ma salopette et d'un air décontracté j'y vais. Hélas, trop
tard, ils étaient en train de fermer boutique. Curieux, je regarde
les magnifiques bacs à plantes qui décorent les trottoirs, des
affiches de De Sernez certes déchirés, les rendaient moins beaux. Je
tourne entre les bacs, et je trouve celui qui restait intact.
L'affiche irréductible. L'hazard fait bien les choses, c'était sur la
face éloigné de la poissonnerie, donc, accroupi le bac me couvrait et
j'ai pu terminer le travail d'Hélène.
On se retrouve à la voiture, elle me dit qu'il y avait des affiches
de De Sernez un peu plus bas sur l'Av. du Gral Leclerc. Nous nous en
occupons, et finalement nous reprenons la voiture pour rentrer. On
roulait rue d'Alésia et Tombe Issoire. Hélène se sentait frustrée
d'être restée dormir pendant que nous autres nous nous adonnions au
plaisir de coller du Cochet, les trois piliers, le poing et la rose,
décoller ou coller sur De Sarnez et Guedj, donc en voyant du De
Sarnez sur les pots de fleurs elle m'a fait arrêter et on décolla.
Un Monsieur, T shirt orange passe; on se connaissait un peu de vue.
Quelque part, il n'était pas content de ce qu'Hélène faisait, et
l'exprime en disant, qu'au moins, elle ne continue pas devant lui qui
les avait collés ce matin. Hélène ne voulait pas se laisser faire,
jalouse de toutes les Guedj et De Sarnez que je m'étais payé et le
Monsieur, prend Hélène par l'épaule. Rapide comme l'éclair, faché
qu'on me touche MA femme, même si j'ai passé la matinée à me faire
Guedj et De Sarnez, mon machisme était en cause. J'ai fait une
démonstration de dextérité avec la spatule. Pas terrible, je ne lui
ai coupé que la jugulaire, arraché un oeil et tranché trois doigts,
mais il semble que c'était suffisant pour lui qui me demande de faire
la paix.
On se raconte nos matinées, ils avaient commencé plus tôt que nous
vers 6:30, collé et décollé. Hélène lui explique que l'Avenue René
Coty devant chez nous est la 10° circonscription et pas la 11°, elle
lui a également expliqué qu'il pouvait retrouver ses affiches dans
telle poubelle, et ainsi j'ai su que l'équipe Guedj que j'ai suivi
toute la matinée avait collé le carrefour d'Alésia pendant qu'Hélène
lui recousait les doigts.
La matinée avait été rude, je terminais de coller que j'étais
recollé, et j'ai vraiment été touché par le fait qu'il m'avait aidé
anonymement en arrachant Guedj au rond point d'Alésia.
Hélène avait fait un bon travail de le recoudre, tout s'est bien terminé.
Je finissais mon petit déjeuner, content d'avoir imposé Yves et
Pierre sur les murs du quartier, je me préparais aller faire une
sieste, que le téléphone sonne. "Tu vas bien Odile? " "Oh, non! Nous
avons étés recollés par Guedj". Hélène intervient pour m'envoyer au
lit, et on conclut que nous irions mettre de l'ordre après 18h, et je
m'endors.
En fait, ce n'était qu'un point rue Raymond Losserand que nous avions
négligé de coller, justement là où je les avait vu à 7h du matin.
Ah, vous auriez voulu participer de notre jeu? Eh bien, vous pouvez
venir coller avec nous. Dès ce soir, ce sera tous les soirs!
Et n'oubliez pas le meeting lundi à 18h3à au gymnase Auguste Renoir, square Auguste RENOIR !
Carlos.
jeudi 1 février 2001
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