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RECONNAITRE LA FRANCE METISSEE
COMME UNE CHANCE
La jeunesse n’est pas un problème mais une partie de la solution
La France métissée, comme aujourd’hui l’Amérique métissée de Barack Obama, a d’abord besoin de se reconnaître comme telle.
Pour en tirer parti et fierté, la France doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes ceux dont les familles sont venues d’ailleurs et qui, quoique toujours exposés aux discriminations, sont aujourd’hui des Français à part entière... Oui, la France doit non seulement les reconnaître comme ses enfants légitimes, mais s’appuyer sur eux comme sur un atout précieux. La France doit écouter ce qu’ils lui disent, notamment les moins nantis. Elle doit même faire l’effort de comprendre ce qu’ils ne lui disent pas.
Cette réalité n’est pas regardée en face et n’est pas reconnue. Son invisibilité économique, sociale et politique est le premier obstacle à lever, pour avancer. Car il y a bien des « mécanismes de stigmatisation et de relégation » dans la société française, de discrimination négative et donc, de talents gaspillés. Le vote massif des jeunes des quartiers nous donne, à nous socialistes, une responsabilité considérable.
C’est cela aussi la tâche de la gauche : aider la France à se reconnaître comme elle est et à se reconnaître dans cette belle diversité humaine, une formidable chance pour nous tous. L’honneur de la République, la fidélité de la France à ses idéaux, c’est aussi la lucidité d’une histoire partagée, dans une France respectueuse de toutes les mémoires, et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs.
Pour renforcer le sentiment d’appartenance à la nation,
nous proposons de :
- Créer une cérémonie républicaine pour tous les jeunes, quelle que soit leur origine pour le passage à la
majorité à 18 ans, l’âge du droit de vote.
- Mettre en place un service national civil obligatoire pour tous les jeunes entre 16 et 25 ans.
Lutter contre les discriminations envers les quartiers populaires
Nicolas Sarkozy avait promis la rupture avec la politique de la ville et annoncé un « Plan Marshall » pour les banlieues. Aujourd'hui, elles attendent toujours un énième plan qui ne vient pas, pendant qu'en fait les budgets baissent : les élus comme les associations et l'ensemble des acteurs de terrain le constatent chaque jour. La réalité de la politique sarkozyste pour les banlieues, c'est l'abandon.
La nouvelle puissance publique que nous proposons, elle commence dans les Banlieues - la République du respect aussi. Des pouvoirs publics qui attaquent les inégalités à la racine, qui ne font pas de l'assistanat mais de l'accompagnement, cela prend tout son sens dans nos quartiers populaires. Cette nouvelle puissance publique, elle permettra de libérer enfin l'énergie formidable des banlieues, qui « n’est pas un problème, mais une partie de la solution ».
C'est pourquoi nous proposons de :
- Vie de quartier : financer de manière prioritaire les associations.
- Education : développer les écoles de parents et les activités périscolaires ; remettre à plat le système de mutation des enseignants pour garantir une plus grande stabilité des équipes.
- Emploi : généraliser les expériences de micro-crédit pour améliorer l’accès au financement de projets ;
développer les emplois de service ciblant particulièrement les plus jeunes et les plus âgés.
- Logement : s’assurer que les destructions de barre HLM soient compensées par la création, dans les
mêmes proportions, de nouveaux logements.
- Transport : améliorer la desserte des quartiers en heures creuses.
- Sécurité : créer une vraie police de quartier.
La laïcité, garante de la République
La République ne se résume pas à des institutions et des procédures. C’est un esprit public, aujourd’hui en crise. En France, l’esprit public, c’est la laïcité. La laïcité, ce n’est ni seulement la tolérance, ni seulement la neutralité. C’est un corps de valeurs et une morale publique, une conception de la nation et de la citoyenneté, une exigence de justice et d’émancipation.
La France doit être fière de sa laïcité républicaine et fidèle à la loi fondatrice de 1905, qui protège les libertés de conscience, de pensée et de culte, en mettant, comme le disait Victor Hugo, l’État chez lui et la religion chez elle, sans ingérence ni de l’un ni de l’autre.
Ce principe constitutionnel fort doit, de nos jours, être plus que jamais défendu. Contre les intégrismes de toutes obédiences qui tentent de le remettre en cause. Mais aussi contre les manquements répétés du Chef de
l’État à son devoir de neutralité, de gardien de la laïcité et d’égalité de traitement de tous les citoyens, libres de croire ou de ne pas croire. Contre une lecture révisionniste de notre histoire qui, sous prétexte de promouvoir une laïcité « ouverte », fait passer la loi de 1905 pour dogmatique et sectaire, il faut affirmer l’actualité d’un texte juste et équilibré.
Nous proposons de :
- Défendre l’universalité des services publics et le droit de tous à y accéder, quel que soit son sexe ou sa
confession.
- Exiger la mise en place de l’Observatoire de la Laïcité créé en mars 2007 et dont les membres n’ont jamais
été nommés.
- Être vigilant et exigeant sur l’application de la Charte de la laïcité pour qu’elle protège effectivement les usagers et les agents du service public.
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